Le réchauffement climatique écourte la saison des cerisiers en fleurs et impacte le tourisme au Japon

Saison cerisier au Japon
Le Japon, Empire du Soleil Levant, voit sa saison emblématique des cerisiers en fleurs réduite par le réchauffement climatique, affectant ainsi le tourisme, malgré une reprise post-COVID-19.

Un tourisme florissant face à un défi climatique

En février 2024, le Japon a accueilli 2,79 millions de voyageurs, surpassant les chiffres du tourisme de 2019, avant la pandémie de COVID-19. Cette reprise spectaculaire témoigne de l’attrait constant du pays comme destination touristique. Toutefois, un défi majeur se profile à l’horizon : le réchauffement climatique menace l’une des traditions les plus anciennes et les plus chéries du Japon, celle de la saison des cerisiers en fleurs. La tradition du hanami, ou contemplation des cerisiers en fleurs, devient une expérience de plus en plus éphémère, avec des conséquences notables sur le tourisme.

Les températures hivernales croissantes ont retardé l’ouverture des bourgeons et raccourci la phase de floraison des cerisiers, phénomène observé depuis plusieurs années. Daisuke Sasano, chef de la gestion des risques climatiques à l’Agence météorologique du Japon, indique que la période de floraison s’est avancée de 1,2 jour par décennie depuis 1953. Cette évolution a des répercussions économiques significatives, de nombreuses villes japonaises comptant fortement sur les revenus générés par le tourisme durant cette période.

Des conséquences économiques et culturelles marquantes

La prévision de la floraison des cerisiers japonais pour le 25 mars 2024, plus tôt que ces 1 212 dernières années, souligne l’ampleur du changement climatique. Serge Zaka, agroclimatologue, souligne sur X (anciennement Twitter) que, basé sur les données recueillies depuis l’an 812 à Kyoto, seulement huit floraisons en mars ont été enregistrées sur 1 200 ans, soit une fois tous les 150 ans. Cependant, depuis 2020, les cerisiers fleurissent chaque année plus tôt, un changement attribué au réchauffement climatique.

Les arbres de cerisier japonais nécessitent un certain nombre d’heures de froid pendant leur repos hivernal pour bien croître et fleurir. Sans ce froid nécessaire, la croissance des bourgeons et leur éclosion sont négativement affectées, ce qui peut conduire à une augmentation de la chute des fleurs et à une production plus modeste sur une période plus courte. Cette modification des cycles de croissance des cerisiers signifie que la période de floraison devient plus courte, ce qui pourrait nuire au tourisme dans les destinations où les cerisiers génèrent des avantages économiques.

Impact sur le tourisme et mesures d’adaptation

Le Japon, qui a attiré un nombre record de 2,73 millions de voyageurs en décembre 2023, se trouve à un moment charnière. La saison des cerisiers en fleurs a rapporté plus de 4 milliards d’euros en 2023, sur les 33 milliards d’euros générés par le tourisme cette année-là, soulignant l’importance de cette période pour l’économie japonaise. Avec la floraison devenant plus précoce et plus brève, le Japon doit trouver des moyens d’adapter son offre touristique pour continuer à attirer les visiteurs.

  • Renforcer la sensibilisation sur les impacts du réchauffement climatique.
  • Développer des attractions touristiques alternatives pour diversifier l’offre.
  • Encourager les visites en dehors de la saison des cerisiers pour réduire la pression sur cette période.

Face à ces défis, le Japon cherche des solutions pour préserver sa tradition séculaire du hanami tout en s’adaptant aux nouvelles réalités climatiques. Les efforts pour atténuer les effets du réchauffement climatique et diversifier les attractions touristiques seront essentiels pour maintenir le Japon comme une destination de choix pour les visiteurs internationaux dans les années à venir.