La nouvelle loi « anti-Airbnb » : Quels changements pour la location à Paris avant les JO 2024 ?

Nouvelle réglementation Airbnb 2024

Face à une pénurie de logements et une inflation des loyers, la France adopte une loi visant à réguler la location saisonnière. À l’aube des Jeux Olympiques de 2024, cette législation promet de transformer le paysage locatif parisien. Décryptage d’une réforme attendue.

Réguler et encadrer la location des meublés touristiques

La crise du logement en France atteint des sommets, avec des étudiants contraints au camping faute de logements abordables en septembre 2023. Une situation exacerbée par l’essor de la location saisonnière, qui trouve dans les JO 2024 une aubaine financière inespérée. La réponse du gouvernement ? Une loi portée par les députés Annaïg Le Meur (Renaissance) et Iñaki Echaniz (PS), visant à limiter les abus de cette pratique. Adoptée le 29 janvier 2024, cette mesure réduit drastiquement l’abattement fiscal de 70% à 30% pour la plupart des zones, excepté les zones rurales peu denses.

Cette évolution législative vise également à restreindre la durée de location d’une résidence principale de 120 à 90 jours par an, exiger un diagnostic de performance énergétique conforme et imposer une déclaration au syndic de copropriété en cas de mise en location sur des plateformes comme Airbnb ou Booking.

Une loi vouée à évoluer

Les ambitions de cette réforme ne s’arrêtent pas là. Les législateurs envisagent d’adapter les règles en fonction des spécificités locales, permettant ainsi aux maires de moduler ces dernières selon les besoins de leur commune. L’objectif ? Ne pas pénaliser les Français louant occasionnellement leur logement pour un complément de revenus, tout en luttant contre la spéculation immobilière exacerbée par les événements d’envergure tels que les JO 2024.

JO 2024 à Paris : vers plus de contrôle des logements Airbnb

La mairie de Paris, consciente de l’enjeu représenté par les Jeux Olympiques, prévoit de renforcer les contrôles sur les locations illégales, estimées entre 20 000 et 30 000. La stratégie ? Un suivi plus rigoureux des annonces et une présence accrue sur le terrain pour identifier les abus, sans pour autant interdire la location ponctuelle de résidences principales. Cette initiative souligne la volonté de favoriser les locations traditionnelles au détriment de la location saisonnière, perçue comme une menace pour l’équilibre du marché immobilier local.

Un business lucratif ad vitam æternam ?

Malgré les avancées législatives, le sénateur Ian Brossart souligne la nécessité de poursuivre les efforts pour une régulation plus efficace du marché de la location touristique. La précision des données et la traçabilité des annonces restent des enjeux majeurs pour limiter les fraudes et garantir un contrôle efficace. Les JO 2024 constituent un défi, mais aussi une opportunité de rééquilibrer le marché locatif parisien, pour un héritage durable post-olympique.